Le mal des années 2010 : le harcèlement moral

Le harcèlement moral est un fléau que l'on croyait dû à la fin du plein emploi, et définitivement révolu. Or on constate qu'il est plus que jamais présent avec le retour du plein emploi et plus encore avec l'apparition de la net-économie. Un mal qui sévit de plus belle donc au sein des entreprises d'aujourd'hui, et plus précisément dans les " start-up ", à la tête desquelles de jeunes entrepreneurs vivent dans la peur et les conséquences de la " start-down-mania ". Petit état des lieux…

Le harcèlement moral est une forme de violence qui s'exprime de façon insidieuse. Des mots, des regards, des sous-entendus, ou des comportements irrespectueux suffisent amplement à une personne pour détruire une autre personne. Il s'agit d'une agression psychique basée sur la manipulation, une véritable pression morale devenue aujourd'hui le mal de notre société, le mal des années 2010. On croyait pourtant que ce mal de l'emploi avait vu le jour en période de fort chômage, où les employeurs profitaient de la situation pour tyranniser leurs salariés. Or le plein emploi, l'internet n'ont fait qu'aggraver les choses, et pour cause !

Bon nombre d'employés ont quitté de bons postes, appâtés par une ambiance plus " fun ", un milieu de travail où l'on se tutoie, où il n'y a pas de hiérarchie, mais un management à l'horizontal autour de personnes souvent âgées à peine de 24-25 ans. Quitte à sacrifier le salaire et à fermer les yeux sur des heures de travail hallucinantes, beaucoup de jeunes cadres motivés et passionnés par leur travail, créatifs et dynamiques, n'ont pas hésité à sauter le pas et à quitter de gros groupes pour intégrer une " start-up ". Et beaucoup s'y sont cassé les dents ! Derrière une ambiance cool et détendue, ils ont dû faire face à l'autoritarisme de jeunes entrepreneurs au comportement de " petits chefs ". Et c'est là que resurgit le harcèlement moral…

Les jeunes entrepreneurs en effet ne pouvant faire face à la peur et l'incertitude de la nouvelle économie, répercutent leur frustration sur leurs employés, et le dérapage n'est pas loin… Pression, sous-entendus, reproches sur le manque de rentabilité dans un secteur où tout va trop vite, où les investisseurs et la bourse font pression, et où les obligations de résultats ont finalement de graves conséquences humaines. Parfois plus diplômés que leurs employeurs,les employés subissent une véritable dictature où la quantité prime sur la qualité et où de toute façon, les reproches fusent pour effacer des compétences qui font de l'ombre à leurs patrons. L'absence de structure, de ressources humaines, de syndicats et de soutient ouvrent la porte à l'abus de pouvoir.

Les employés se divisent, et s'installe alors un fort individualisme alimenté par les patrons de " start-up " eux-mêmes : la non communication au sein de la société (due souvent au flou de la stratégie de développement…), mais surtout la paranoïa des employeurs (due au manque de confiance), les sous-entendus et les promesses non tenues (stocks-options, primes sur intéressement…) détruisent petit à petit les salariés et tuent leur motivation. Une surveillance sur leur travail est d'autre part accrue par les nouvelles technologies : les employeurs n'hésitent pas à fouiller l'ordinateur de leurs employés et vérifient leur boîte e-mail, les sites sur lesquels ils naviguent, leurs fichiers etc. La surcharge de travail, la pression exercée sur les salariés engendre un état de stress, une forte démotivation et une démoralisation. Face à ce harcèlement aveugle, tension et conflits éclatent, donnant souvent suite à un licenciement abusif, un départ non justifié, précipité…
Qui mérite un tel sort ?


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